Composter chez soi : un choix simple et écologique!

Vous désirez vous adonner au compostage domestique ou parfaire vos connaissances concernant cette action concrète pour la protection de l'environnement? Vous trouverez dans les pages suivantes, des informations claires qui vous permettront de pratiquer le compostage de façon simple et écolo.

De plus, ne manquez pas de visiter le site de démonstration en compostage domestique du jardin universitaire Roger-Van den Hende. Vous pourrez accéder à celui-ci par la gloriette elle-même située à l'est de la roseraie. En plus des panneaux d'interprétation,  vous y trouverez différents modèles de composteurs en démonstration.

Le compostage est un processus de décomposition contrôlée de la matière organique. Lorsque cette activité est réalisée à la maison, on parle de compostage domestique.

Les organismes vivants, à savoir les animaux et les végétaux, sont constitués de matière organique. Dans le cas du compostage domestique, seule la matière organique d'origine végétale est utilisée, sauf en de rares exceptions.

Cette décomposition est assurée par l'action combinée d'un grand nombre d'organismes vivants dont les micro-organismes suivants: bactéries, champignons, actinomycètes et protozoaires. Plusieurs organismes visibles à l'oeil nu y collaborent également. C'est le cas des vers de terre, des centipèdes,  des cloportes et de certains insectes.

Le compost produit, qui résulte du compostage, a l'apparence et l'odeur d'une belle terre.

En tant qu'amendement, le compost améliore les qualités physiques, chimiques et biologiques du sol. Il n'est pas étonnant qu'on le surnomme «L'or brun du jardinier».

Composter, c'est ...

  • Poser un geste concret pour la protection de l'environnement, car le compostage peut réduire de 40% le volume des matières résiduelles (ordures)
  • Faire des économies sur l'achat d'engrais et de compost commercial
  • Permettre de diminuer les coûts engendrés par la gestion des matières résiduelles (collecte, valorisation, élimination, etc.)
  • Avoir le contrôle sur les intrants (matières à composter) et ainsi obtenir un produit de qualité
  • Retourner à la terre ce qu'elle produit
  • Donner l'exemple à nos enfants et à nos petits-enfants afin qu'ils deviennent des écocitoyens responsables
  • Voir se transformer sous nos yeux des matières, qui n'ont à première vue aucune valeur, en un produit très utile

Plusieurs municipalités n'ont pas de réglementation spécifiquement liée à la pratique du compostage. Toutefois, des règles minimales doivent être respectées afin de ne pas contrevenir à un règlement existant, tel que celui sur l'entreposage extérieur, les odeurs, la propreté des terrains ou autres.

Ces règles sont:

  • Placer le composteur en cour latérale ou arrière
  • Toujours garder les résidus à être compostés et le compost dans un contenant fermé (éviter les accumulation à ciel ouvert)
  • Ne pas déposer d'excréments, ainsi que toutes autres matières organiques animales - viandes, poissons, produits laitiers, os - dans le composteur
  • Toujours maintenir le composteur en bon état
  • Assurer une bonne gestion du compost de façon à ce qu'il ne libère pas de mauvaises odeurs et n'attire pas la vermine. Pour ce faire, une formation sur les techniques de compostage domestique est fortement recommandée 

Les matières qu'on peut composter sont généralement des résidus destinés à la poubelle. On les classe en deux catégories: les matériaux verts (riches en azote) et les matériaux bruns (riches en carbone)

Les matériaux riches en azote (verts)

  • Déchets verts de jardin, soit fleurs fanées, résidus de taille, plantes adventices (mauvaises herbes) à condition que ces dernières ne soient pas en graines
  • Déchets de cuisine, notamment résidus de fruits et de légumes, pains, pâtes alimentaires, légumineuses, filtres et résidus de café, sachets ou résidus de thé et de tisane
  • Poils d'animaux et cheveux
  • Rognures de gazon *(la meilleure façon de valoriser le gazon coupé est de le laisser sur place)

Les matériaux riches en carbone (bruns)

  • Aiguilles de conifères*
  • Brindilles et branches (idéalement déchiquetées)
  • Copeaux et sciures de bois*
  • Feuilles mortes
  • Paille
  • Papier journal (encre noire seulement)
  • Tissu en fibre naturelle

*À utiliser modérément 

L'entretien du compost se résume à offrir aux petits organismes responsables de la décomposition les conditions idéales pour qu'ils s'activent au maximum.

Un milieu légèrement humide

Le compost devrait avoir l'aspect d'une éponge  humide essorée. Au besoin:

  • Enlever le couvercle du composteur lorsqu'il pleut
  • Utiliser l'eau récupérée des gouttières
  • Utiliser l'eau potable en dernier recours

Un milieu aéré

  • Utiliser un composteur muni d'orifices laissant entrer l'air
  • Brasser le compost régulièrement
  • Retourner totalement le compost deux fois ou plus par année

Au sujet de la chaleur

Durant le processus de compostage, l'activité des organismes décomposeurs génère plus ou moins de chaleur. Dans le cas du compostage domestique, celle-ci n'est habituellement pas suffisamment élevée pour détruire les graines et les organismes responsables des maladies des plantes. Pour cette raison, il vaut mieux éviter de composter des plantes en graines ou malades.

Le choix du bois

  • Choisir de préférence une essence de bois qui se décompose lentement, telle que le cèdre ou le mélèze, sinon utiliser l'épinette ou le pin
  • Pour une solution à la fois économique et écologique, opter pour le bois de récupération, tel que le bois de palettes en bon état
  • Éviter le bois traité chimiquement

Les dimensions et les caractéristiques du composteur

  • Boîte sans fond, dont les côtés et la hauteur pourront mesurer entre 60 cm et 1 mètre
  • Parois latérales de la boîte constituées de planches placées horizontalement et espacées de 1 cm
  • Couvercle:

    • légère pente vers l'avant
    • le plus étanche possible
    • muni ou non de charnières

  • Prévoir un système d'ouverture à l'avant pour récolter le compost 

Le composteur choisi devrait avoir les caractéristiques suivantes:

  • sans fond
  • côtés rigides, mais aérés
  • couvercle étanche à l'eau

Le volume du composteur devrait s'ajuster selon le nombre de personnes de la maisonnée, la dimension du terrain et le fait que vous jardiniez ou non.

Les composteurs de plastique ont l'avantage de se manipuler et de se transporter facilement. Ils résistent à la décomposition et peuvent ainsi être utilisés pendant plusieurs années.

Les composteurs de bois présentent un aspect naturel. Pour en prolonger la durée de vie, il est possible de traiter le bois avec une huile naturelle, telle que de l'huile de lin.

Dans le cas des petits composteurs rotatifs, le compostage n'est pas à son meilleur, puisque l'aération y est souvent déficiente et que le compost ne repose pas sur le sol, là ou vivent les organismes décomposeurs.

Un composteur c'est bien, mais deux c'est mieux!

Cela permet d'accumuler des matériaux dans l'un pendant que se produit la décomposition dans l'autre. 

Le compost est prêt lorsqu'il a l'apparence et l'odeur d'une bonne terre. Il est de couleur brun foncé. On ne peut plus reconnaître les matériaux avec lesquels il a été fabriqué et les vers en sont absents.

La durée moyenne de maturation du compost domestiques est d'un an. Toutefois, le processus peut prendre aussi peu que trois mois ou autant que trois ans, selon les facteurs suivants:

  • La bonne proportion des matériaux verts et des matériaux bruns
  • La taille des matériaux utilisés (plus ils sont réduits en petits morceaux, plus le processus est rapide)
  • La bonne aération et le bon degré d'humidité
  • La méthode utilisée et le volume des matières compostées 

Cette méthode se pratique en tout temps de l'année ou presque. Elle est idéale pour les débutants. L'alternance des matériaux est moins systématique que dans la méthode " en une opération" puisque les matériaux sont ajoutés au composteur au gré de leur disponibilité, mais la proportion recommandée demeure la même, soit deux parties de "brun" pour une partie de "vert".

Les étapes

  1. Mettre 10 à 20 cm de matériaux bruns au fond du composteur
  2. Ajouter les matériaux verts au fur et à mesure de leur production
  3. Ajouter de temps à autre une pelletée de terre du jardin ou de vieux compost
  4. Ajouter au besoin des matériaux bruns de façon à rééquilibrer le ratio "brun/vert"

Le vermicompostage (ou lombricompostage) est un procédé qui permet de décomposer les résidus organiques provenant de la cuisine à l'aide de petits vers rouges (Eisenia foetida*) et ce, à l'intérieur, 12 mois par année.

Ces vers sont placés dans une boîte aérée faite de plastique ou de bois, le vermicomposteur (lombricomposteur). Celui-ci contient une litière constituée de matière riche en carbone, comme le papier journal déchiqueté (encre noire seulement). Les vers sont nourris périodiquement avec les déchets de cuisine. Après quelques mois, il en résulte un compost de grande qualité très utile pour les plantes d'intérieur.

Il s'agit d'une méthode qui est plus complexe et plus limitée quant au volume traité que le compostage domestique fait au jardin. Cependant, le vermicompostage est approprié pour ceux qui vivent en appartement et qui n'ont aucun espace de terrain pour y installer un composteur conventionnel.

*Les vers rouges sont une espèce différente des vers de terre (Lombricus terrestris) qu'on retrouve habituellement sur les terrains. On peut se procurer les vers rouges chez les fournisseurs spécialisés en vermicompostage.

1) Est-ce que les composteurs commerciaux sont plus efficaces que ceux fabriqués artisanalement ?
Non, pas nécessairement. Pour être aussi efficace que les composteurs commerciaux, il suffit de respecter certaines règles de base lors de la fabrication d'un composteur artisanal. Ainsi, il doit être légèrement aéré, il doit posséder un couvercle ou une bâche et il doit idéalement permettre un contact des matières accumulées avec le sol afin que les organismes bénéfiques qui y vivent (vers de terre, microorganismes, etc.) puissent participer au processus de compostage.

2) Mon compost est nauséabond. Pourquoi ?
Un dégagement d'odeurs désagréables indique généralement que le compostage ne se déroule pas de façon adéquate.

Cela peut être dû à :

  • un manque d'aération causant le développement de bactéries dégageant des odeurs d'oeufs pourris.
  • Pour résoudre ce problème ajouter une pelletée de terre ou de vieux compost puis effectuer un brassage ou un retournement.
  • Une quantité trop importante de matériaux riches en azote (matière verte). Ce surplus de matière verte amène un dégagement de gaz ammoniacal nauséabond.
    Les rognures de gazon sont souvent la cause de ce problème, car ils sont très riches en azote. Pour l'éviter, il faut s'assurer de respecter les bonnes proportions de matière verte (1/3) et de matière brune (2/3). À noter que la meilleure façon de valoriser le gazon coupé est de le laisser sur place.
  • l'utilisation des certains matériaux tels que :

    • Viande, poisson et os;
    • Produits laitiers;
    • Graisses, huiles et fritures;
    • Excréments d'animaux.

3) Les matériaux ne semblent pas se décomposer. Pourquoi ?
Cela peut être dû aux facteurs suivants :

  • Aération trop grande ou insuffisante dans le composteur;
  • Trop ou pas assez d'humidité dans le composteur;
  • Présence d'une quantité trop importante de matière brune;
  • Présence insuffisante d'organismes décomposeurs.

4) Quand, où et comment j'applique le compost?
On peut utiliser le compost de façon régulière, mais il est plus pratique et efficace d'en faire l'ajout au printemps ou à l'automne pour que les végétaux en bénéficient durant toute la saison. Les périodes de canicule sont à éviter. Au potager, dans les plates-bandes et autour des arbres et arbustes, le compost est appliqué en surface une fois le travail du sol effectué. Par la suite, il sera intégré dans les premiers centimètres du sol. Sur la pelouse, on applique une mince couche de compost et on utilise par la suite un balai à feuilles pour le répandre et relever les brins de gazon. À noter qu'il est déconseillé d'utiliser ce compost pour les plantes d'intérieur, car vous risquez alors d'introduire chez vous des insectes indésirables.

5) Qu'est-ce que je fais avec mes résidus de table durant l'hiver?
Durant l'hiver, il est possible d'accumuler les résidus de table dans des contenants en plastique situés à l'extérieur de la maison et facile d'accès. Tôt au printemps, ces résidus pourront être ajoutés au composteur. Le processus sera rapidement activé lorsque les matériaux dégèleront. Il faut toutefois s'assurer d'avoir sous la main une réserve de matière brune (exemple : feuilles séchées) afin de produire un compost équilibré et qui ne dégage pas d'odeurs nauséabondes.

6) Des insectes ont colonisé mon compost. Est-ce que je peux encore l'utiliser ?
La plupart des insectes que l'on retrouve dans le compost jouent un rôle important dans la décomposition de la matière et il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Toutefois, certains insectes tels que les mouches et les guêpes peuvent être embarrassants. Ces derniers sont généralement attirés par le sucre contenu dans les fruits déposés à la surface du compost. Pour minimiser ce problème, il est conseillé d'enfouir les résidus de cuisine en profondeur ou alors d'ajouter une couche de matériaux bruns (paille, feuilles séchées, etc.) en surface. Si votre composteur est régulièrement approvisionné, les insectes qui sont bénéfiques à la dégradation de la matière, mais qui pourraient nuire à votre jardin, demeureront dans le composteur.

7) Pourquoi vaut-il mieux ne pas utiliser des fumiers d'animaux pour composter en ville ?
Les fumiers contiennent souvent des organismes pathogènes qui ne peuvent être détruits durant le processus de compostage puisque dans nos composteurs domestiques, la température ne s'élève pas suffisamment pour les détruire.

8) J'ai des résidus de table moisis. Est-ce que je peux les ajouter à mon compost ?
Il n'y a pas de problème à mettre de la nourriture avariée dans le composteur. Le processus naturel de décomposition est déjà entrepris et se poursuivra à l'intérieur du composteur.

9) Quel est l'équipement dont j'ai besoin pour faire du compostage ?
Il est nécessaire en ville d'acheter ou de se confectionner un composteur muni d'un couvercle ou d'une bâche. Le volume du composteur sera choisi en fonction de plusieurs éléments dont les principaux sont : le nombre de personnes habitant la résidence, la dimension du terrain et l'efficacité du mode de compostage retenu. De plus, l'utilisation de deux composteurs facilite grandement la gestion du compost. Cela permet d'ajouter de la matière fraîche dans l'un pendant que la maturation se poursuit dans l'autre.

Les accessoires utiles au compostage sont :

  • un aérateur ou une fourche pour le brassage;
  • une source d'eau à proximité pour l'humidification;
  • un sécateur ou une cisaille pour couper les matières grossières;
  • une brouette peut être utile pour transporter la matière au composteur ou vidanger le composteur à l'automne;
  • un petit bac en plastique d'un minimum de 4 litres permet l'accumulation des résidus de table dans la maison avant leur incorporation au bac à compostage.

Certains produits, dont la principale fonction est d'accélérer le processus de décomposition, sont offerts sur le marché. Toutefois, vous obtiendrez le même résultat en ajoutant quelques pelletées d'un sol riche ou de vieux compost dans votre composteur. 

Livres et documentation

Lien utile :

La ville de Québec offre également de judicieux conseils sur le compostage. Pour découvrir ces conseils, cliquez ici.